Journal du Dimanche du 25 février 2007
> Pour son baptême électoral, elle a tiré le gros lot.
A 23 ans, Juliette Quinten est investie par le parti socialiste pour les élections législatives de juin prochain. De quoi donner un petit "coup de vieux" à Laurent Wauquiez, 35 ans et actuel benjamin de l'Assemblée nationale. La jeune femme native des Yvelines, partira au combat dans la 3ème circonscription de ce département, pour affronter crânement le sortant, l'apparenté UDF Christian Blanc. "Elle est jeune, sympathique, mais c'est une inconnue qui sort de nulle part", commente, un brin condescendant, l'ancien patron d'Air France.Elle qui voulait, ironie du sort, être pilote de chasse quand elle était enfant.
"Mon premier contact avec Christian Blanc a été cordial, mais c'est quelqu'un qui vit dans sa bulle, loin des gens", lui répond-elle sans détour. Et quand on aborde le récent ralliement de l'ex-PDG d'Air France et de la RATP au candidat Sarkozy, la jeune femme tacle, sans concession. "Son parcours est celui d'un opportuniste: directeur de cabinet de Michel Rocard, proche de François Bayrou et, désormais, soutien du président de l'UMP. C'est la lente dérive d'un carriériste qui espère être ministre." Une attaque que Christian Blanc balaie sèchement: "je n'ai rien marchandé avec Nicolas Sarkozy que je connais depuis plus de dix ans. Je suis un homme libre dont on n'achète pas le soutien et je serai de toute façon candidat pour un deuxième et dernier mandat, que l'UMP et l'UDF investissent ou pas des candidats."
Lors du meeting de Ségolène Royal au parc des expositions de Villepinte, Juliette Quinten a pris la parole à la tribune devant plusieurs milliers de personnes. Une première : "j'avais un peu la pression mais ça s'est plutôt bien passé." Dans son discours, forte de son statut de "junior" des prochaines législatives, elle a clamé le besoin de renouvellement de la classe politique, avant de brocarder le CPE imaginé par la droite et "massivement rejeté par la jeunesse de France". Encore étudiante en master de sciences politiques à la Sorbonne, cette ancienne de l'Unef a rejoint le PS en 2002, après l'élimination du candidat Jospin. "Ma décision était déjà prise, les circonstances ont servi de déclencheur", explique-t-elle aujourd'hui. Proche du courant Nouveau monde au PS, Juliette Quinten a voté non lors du référendum sur la constitution européenne et soutenu Laurent Fabius à la primaire socialiste.
Un parcours à la gauche du parti, qui ne l'empêche pas aujourd'hui de "soutenir totalement" la candidature de Ségolène Royal à l'élection présidentielle. Et à ceux qui voient dans ses 23 ans le risque d'un déficit de crédibilité, Juliette Quinten rétorque que son âge est au contraire un avantage "dans la logique de renouvellement incarnée par Ségolène Royal". Si certains de ses aînés au PS l'ont d'abord regardée avec "un peu de paternalisme", son intervention à Villepinte les aurait, selon elle, "rassurés" . "Au départ, la candidate du PS devait être la maire de Villepreux et conseillère régionale Michèle Valladon", rappelle Juliette Quinten.
Mais l'édile s'est retiré pour des raisons personnelles et la fédération du parti a alors lancé un appel aux sections. "La circonscription étant réservée à une femme, je me suis dit: pourquoi pas moi."
Reste une réalité qui n'a rien à voir avec son âge. Face à un poids lourd comme Christian Blanc; ses chances d'être élue sont minces. Dans cette circonscription cossue, on est peu enclin à voter à gauche: Le PS a obtenu un bien maigre 12,4% au premier tour en 2002.
"Peu importe, je mènerai campagne avec l'ambition d'être élue, sinon autant rester chez soi", affirme la future tête de liste PS-PRG, qui voit de tout façon ce baptême électoral comme une "première expérience ultra-enrichissante".
Encore étudiante, Juliette Quinten l'affirme haut et fort: "je suis une fille normale. Je ne sais pas si je ferai de la politique toute ma vie, mais mon engagement et mes convictions sont trop forts pour que je m'imagine faire autre chose. Ce qui est sûr, c'est que moi je saurai laisser la place aux jeunes." Elle a le temps.
Jonathan Bouchet-Petersen
Mais aussi...
Juliette dans le Nouvelles de Versailles du 16/02/2007
Juliette Quinten, candidate PS aux législatives dans la 3ème circonscription est une jeune femme de 23 ans. Elle est née à Versailles et a toujours habité la circonscription. Au Parti socialiste depuis 5 ans elle a, malgré son jeune âge, une grande expérience politique et militante. 
